Bilan éducatif 1999-2019 (travail en cours)

En novembre et décembre 2019, nous réaliserons un travail de bilan de notre action éducative et de formation depuis notre création en 1999. Rendez-vous en fin d'année pour découvrir cette importante nouvelle rubrique.

 

D'ores et déjà, nos observations nous permettent d'établir un constat préoccupant :  objectivement l'éducation aux médias audiovisuels, dans sa partie "images filmées et images animées", ne s'est pas suffisamment développée depuis 20 ans, au niveau départemental, comme au niveau régional et national. Les activités sont encore très insuffisantes d'abord en quantité, mais aussi en qualité et les enjeux semblent partiellement perçus. Là où cette éducation devrait être systématique en temps scolaire et en temps libre, elle se limite généralement à quelques rares ateliers et projets qui ne concerneront qu'une partie infime des enfants et des jeunes. 

L'exposition aux médias (et donc entre autre à la publicité), elle, n'a cessé de croître. D'abord avec la généralisation des équipements informatiques connectés (début des années 2000), l'apparition des réseaux sociaux devenus rapidement très populaires (fin des années 2000), l'équipement en smartphone devenu progressivement la règle depuis 2010 pour les plus de 13 ans, et une audience TV qui, si elle décroit chez les jeunes, continue à augmenter en général chez les adultes.

 

Une focalisation sur les fake news, au détriment des apprentissages essentiels

 

En revanche, depuis 2016, les actions éducatives sur la problématique des fake news se sont multipliées. Nous devrions nous en réjouir, si ce n'est qu'elle laisse à croire que les contenus des médias étaient moins nocifs avant la multiplication des fake news. Cette focalisation dédouane et fait oublier dangereusement l'invasion publicitaire, l'influence idéologique des JT, la course à l'audience, les valeurs puériles de la télé réalité, les désastres de la télé poubelle racoleuse, etc.

Par ailleurs, les actions éducatives sur les fake news s'inscrivent trop rarement dans des projets d'éducation à l'image et aux médias. Le dispositif "Fake investigation" initié par Ciclic fait exception à ce constat, en abordant la problématique de façon active, créative et ludique, tout en permettant à des ados de s'initier à la réalisation audiovisuelle. Une éducation aux médias audiovisuels efficace, motivante, pragmatique, allant à l'essentiel nécessite effectivement de créer des images et des sons, de les choisir, de les monter, donc de les découper, de les associer, de les modifier, pour prendre pleinement conscience de leurs pouvoirs signifiant, leurs pouvoirs d'influence, voire de manipulation. A défaut d'avoir les moyens et le temps de créer des images, de se lancer dans un projet de réalisation, le web nous permet désormais de disposer des milliers de vidéos, parfois libres de droits, que l'on pourra exploiter avec une application de montage, même des plus basiques.

 

 

 

Une pédagogie ayant fait ses preuves

 

Au cours de nos 20 ans d'activité, nous avons progressivement saisi quelles activités nous devions proposer en priorité. Les plus efficaces d'un point de vue pédagogique et donc éducatif, sont surtout nos jeux de montage (Puzzlerama, Musicorama...), notre diaporama interactif "Vois-tu mieux que Zébulon le caneton?" et nos ateliers d'initiation à la réalisation en tourné-monté. Ce sont aussi les activités d'analyse, pas trop longues (souvent 15 minutes suffisent) durant lesquels on s'amuse à compter collectivement les plans d'une séquence, puis observer plan par plan, les choix techniques opérés au tournage et au montage : cadrage, angle, point de vue, mouvement de caméra, effet, durée du plan, raccord de plan, ellipse, rythme, bruitage, musique ajoutée... Toutes ces activités permettent à ses participant(e)s de comprendre rapidement les notions techniques essentielles de la réalisation Elles aident aussi à mieux prendre conscience du pouvoir des images filmées et des images animées. En somme, saisir pleinement le pouvoir des images et des médias nécessite surtout de la pratique, des activités motivantes, ludiques, adaptées aux structures d'accueil jeunesse et aux établissements scolaires et ne peut se satisfaire uniquement de théories et de concepts.

Ces activités ont également pour intérêt d'être courtes. En l'espace de 2 à 3 séance de 2 heures, des bases essentielles peuvent être acquises. Cette affirmation n'est pas une publicité pour nos propositions d'interventions. ADEIFvidéo n'a jamais été dans une logique commerciale et nous avons travaillé ces dernières années à une diffusion libre et gratuite de nos jeux éducatifs. Leurs utilisations nécessitent toutefois un minimum d'équipement (1 caméscope, 1 PC, 1 logiciel de montage) et pour certains, quelques heures de formation.

La suite de notre bilan éducatif très prochainement...